Les fondements de la photographie : Photo de nuit et en basse lumière

Photographier des paysages en basse lumière

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En basse lumière, il y a toujours un compromis à trouver. Votre appareil dispose de tous les outils pour faciliter les calculs d'exposition et faire face à ce type de situation.
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Transcription

Bien. Vous connaissez la situation. Vous êtes debout, là, dans le noir, vous cherchez une idée, vous composez, vous faites le point et vous réfléchissez à l’exposition. Il y a par ici une traverse de chemin de fer échouée. Et plus loin, des falaises, la mer et des rochers, je me suis donc dit que la traverse ferait un bon point d’ancrage pour la composition. L’objet en lui-même n’a rien d’extraordinaire, mais il permettra d’accrocher le regard dans une scène bien plus vaste. J’aimerais également inclure le ciel et les étoiles. Là encore, je commence par cadrer et, grâce à la lune, il fait suffisamment clair pour voir quelque chose dans le viseur, hormis les côtés, qui restent plongés dans l’obscurité. Je vais prendre une photo aussi vite que possible, pour vérifier la composition. Pour aller vite, je règle la sensibilité à 12800 ISO. Ce n’est pas la sensibilité que j’utiliserai pour l’image finale, mais ça permet de réaliser un cliché de contrôle. Je suis en mode Programme et en mise au point manuelle, la netteté importe peu pour l’instant. Je fais éteindre les lumières. Il s’agit des lumières du tournage, qui permettent de m’apercevoir. Le miroir est toujours relevé, et j’aime bien ce cadrage. Je m’en suis occupé juste avant l’enregistrement de la vidéo. J’ai dû recommencer plusieurs fois, mais là, le cadrage est bon. Maintenant, il faut faire le point. Et, dans le cas présent, j’ai besoin d’une bonne profondeur de champ, pour que la traverse et les éléments plus éloignés soient nets. En réalité, je n’ai pas besoin que tout soit net. Si les éléments au loin ne sont pas tout à fait nets, ce n’est pas grave. Par contre, la traverse doit être bien nette. Je vais donc faire le point dessus, en mode manuel. Je passe en mise au point manuelle. Et je ressors ma lampe torche. Pour l’instant, les lumières qui éclairent la scène me sont particulièrement utiles. Ensuite, dans le viseur, je vais sélectionner un collimateur AF, et ça tombe bien car il y en a un sur la partie centrale de la traverse. Je le sélectionne à la main puis je presse le déclencheur à mi-course : l’autofocus fait le point à cet endroit. J’éteins ma lampe torche, je repasse l’objectif en mise au point manuelle, pour éviter de perdre le point par accident. En effet, après avoir éteint ma lampe, si je presse le déclencheur à mi-course, l’autofocus fera certainement le point ailleurs. Et maintenant, place à l’exposition, et on va faire deux choses différentes. D’abord, on va prendre une photo. Je diminue la sensibilité ISO, pour voir quelle vitesse et quelle ouverture l’appareil va me proposer. Je descends à 800 ISO. Greg, peux-tu éteindre, s’il te plaît. Il faut éteindre les lumières pour faire une mesure plus précise. L’appareil est toujours en mode Programme – je vais allumer l’écran – et il me dit 13s à f/2,8. Mais j’ai besoin de profondeur de champ, et, donc, l’ouverture f/2,8 ne va pas. Je passe donc en mode priorité Diaphragme, c’est-à-dire deux crans sur le sélecteur de mode. Je n’ai pas besoin de regarder l’appareil. Il fait de toute façon trop sombre, et je ne le vois pas. J’insiste : il faut apprendre à manipuler l’appareil dans le noir. Je règle l’ouverture à f/8, et après la mesure, le temps de pose indiqué est 30s, et il clignote. Cela signifie que même avec un temps de pose de 30s, l’exposition ne sera pas correcte. L’image sera sous-exposée. Donc, l’appareil ne peut pas aller au-delà de 30s de pose. Mais, sachant que f/8 est une ouverture trop petite à 800 ISO, je passe à 1600 ISO pour voir ce que ça donne. Hélas, le temps de pose de 30s clignote toujours. Donc f/8 ne convient pas du tout. Il va me falloir un temps de pose supérieur à 30s. Et comment faire si l’appareil m’impose une limite de 30s ? Eh bien il y a un autre mode qui s’appelle Bulb. Tant que j’appuie sur le déclencheur, l’obturateur reste ouvert. Cela me permet d’exposer à ma guise, pendant plus de 30s. Le problème, si on manipule l’appareil, qu’on presse et qu’on maintient le déclencheur enfoncé, tout en grelottant de froid – Greg, tu peux rallumer – on finit par le faire vibrer. Et c’est pour ça que j’ai branché une télécommande. Elle me permet de presser et de maintenir le déclencheur enfoncé sans y toucher. Notez également que la télécommande ne pendouille pas. Je l’ai enroulée autour de l’appareil et du trépied, car si le vent se met à souffler, elle va taper contre l’appareil et le faire vibrer. La télécommande est donc bien fixée et sécurisée. Ainsi, je peux appuyer sur le déclencheur, et le maintenir enfoncé sans même toucher l’appareil. Et maintenant, il faut que je calcule combien de temps. Je pourrais m’asseoir ici et faire mes propres calculs, mais c’est bien plus pratique avec l’appareil. Greg, les lumières, s’il te plaît ! D’abord, je vais régler l’appareil en mode Manuel. Bien sûr, j’ai évoqué le mode Bulb, et je vais y revenir, mais, pour l’instant, je suis en mode manuel pour calculer l’exposition. Je souhaite une ouverture de f/8, et à f/8, 30s et 1600 ISO, sans les lumières, le mode manuel m’indique une sous-exposition de 1 diaphragme. Ces infos vont bien me servir, il y a des choses intéressantes, là. Si je suis sous-exposé de 1 diaphragme à 1600 ISO, je serai bon à 3200. Mais je veux éviter 3200 ISO, à cause du bruit. J’aimerais descendre à 800 ISO. Mais à 800 ISO, c’est-à-dire une valeur de moins que maintenant, je serai sous-exposé de 2 valeurs pour 30s. Je règle l’appareil à 800 ISO et, en mode manuel, le posemètre m’indique que je suis sous-exposé de deux diaphragmes à 30s. Bien ! Partant de là, avec un temps de pose d’une minute, la sous-exposition ne sera que d’un diaphragme. Et avec 2 minutes de pose, l’exposition sera correcte, c’est ce qu’il me faut. À f/8, il faut 2 minutes de pose. Je passe donc en mode Bulb et je règle l’ouverture à f/8. Dans ce mode, je peux régler l’ouverture, mais pas la vitesse. Je vais utiliser la fonction chronomètre de mon téléphone portable. J’ai besoin d’un temps de pose de 2 minutes. Je réinitialise le chrono. Je prends la télécommande. Le relevage du miroir est toujours actif, je presse le déclencheur pour le relever. Je le presse encore une fois pour ouvrir l’obturateur, et je le verrouille tout en démarrant le chrono, qui va tourner pendant 2 minutes. J’ai donc 2 minutes à tuer. Je vais réfléchir à une autre photo. Ou en profiter pour regarder les jeux de lumière sur les vagues, ou méditer sur le temps qui passe. OK, il reste 45 secondes. J’en profite pour vous parler d’autre chose. Avec cette pose longue, il y aura des traînées d’étoiles. C’est inévitable. Dans la vidéo précédente, je vous ai donné une formule pour calculer la plus longue pose possible sans avoir de traînées, et à cette focale, j’en suis loin. Par contre, vous avez vu que j’ai cadré plus large. Et aux focales les plus courtes, pas de risque d’avoir d’étoiles très brillantes. De plus, la lune est levée et éclaire le ciel, et comme j’ai cadré un peu vers elle, ça va fortement atténuer la luminosité des étoiles, sans parler des nuages bas et de la brume abondante sur l’horizon. Bref, je ne crois pas qu’on verra beaucoup d’étoiles dans l’image. Voilà, ça fait 2 minutes, je ferme l’obturateur, et voilà l’image, qui semble à peu près bien exposée. Elle a été obtenue à f/8, à une sensibilité raisonnable, j’aperçois un léger mouvement d’étoiles qui, malgré tout, restent bien définies. Greg, tu peux rallumer, merci ! C’est pas mal. Bref, je me débrouille assez bien. Je pourrais modifier les paramètres d’une valeur, dans le sens opposé, pour figer les étoiles à coup sûr. Pour cela, il faudrait que je monte la sensibilité à 1600 ISO, et que je réduise le temps de pose d’une minute. Il y aura toujours un peu de traînées, mais pas autant qu’ici. Et, bien sûr, pour obtenir des traînées d’étoiles, il faudrait baisser la sensibilité ISO et fermer le diaphragme pour un temps de pose beaucoup plus long. Pour faire tous ces calculs, il faudrait revenir au mode manuel, mesurer le décalage d’exposition à une sensibilité donnée, puis travailler dans l’autre sens en doublant la vitesse d’obturation, l’ouverture ou la sensibilité, afin d’obtenir une exposition correcte. En basse lumière, il y a toujours un compromis à trouver, mais votre appareil dispose de tous les outils pour faciliter les calculs d’exposition et faire face à ce type de situation.

Les fondements de la photographie : Photo de nuit et en basse lumière

Mettez toutes les chances de votre côté pour réaliser de bonnes photos en basse lumière. Découvrez des astuces de prise de vue qui vous aideront à gérer ces conditions difficiles.

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