Les fondements de la photographie : Photo de nuit et en basse lumière

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Transcription

Me voici à la plage, avec, probablement, l’accoutrement le plus « branché » qu’on puisse trouver en Californie. Non, je plaisante. Et j’espère que vous ne tiendrez pas rigueur de ma perception de la mode. On est au milieu de la nuit, il fait très froid, et j’ai besoin d’être au chaud. Ça arrive tout le temps en photo de nuit. Pensez-y lorsque vous préparez votre matériel pour une longue sortie nocturne. Il vous faudra des mitaines, un caleçon long, ce genre de choses. Il fait particulièrement sombre, au point qu’il a fallu éclairer la scène, jusqu’à ce rocher, au fond. L’œil humain est étonnant. Quand il est habitué à l’obscurité, il peut capter le moindre photon. Nos caméras vidéo n’étant pas aussi performantes, il faut de l’éclairage. Si je vous raconte tout ça, c’est pour vous faire comprendre que la scène est bien plus sombre qu’elle en a l’air. La lune en est au 3e quartier croissant, elle sera pleine dans quelques jours. Si vous voulez avoir une idée de ce que je vois, attendez cette phase de la lune et sortez. Je suppose que vous êtes surpris que je vous invite à prendre des photos avec si peu de lumière, mais les appareils actuels en sont parfaitement capables. Pour l’instant, je ne perçois pas les couleurs, mais mes yeux se sont accoutumés à l’éclairage de la lune, et je vois assez pour me déplacer, et anticiper mes images. Ce que je vois, c’est un rocher, un peu plus loin, qui est balayé par les vagues, et j’aimerais le prendre en photo, pour un certain nombre de raisons. La lumière de la lune est particulière et très différente de celle du jour. Étant donné que je vais utiliser une pose longue, toutes ces vagues vont se transformer en masse blanche vaporeuse, et je suis curieux de voir le résultat. Pour obtenir ce cliché, il faut prendre un certain nombre de décisions. Alors allons-y. J’ai équipé l’appareil d’un 200 mm f/2,8. Bien sûr, il est sur trépied. Pour l’instant, il n’y a pas trop de vent. J’ai remonté la colonne centrale, mais je ne m’inquiète pas des vibrations. Et pour qu’il y en ait le moins possible, le miroir est bloqué en position haute. Ce qui veut dire qu’en pressant une première fois le déclencheur, le miroir va se relever et rester levé, et l’obturateur ne s’ouvrira pas. Pour l’ouvrir, il faudra que je presse une deuxième fois le déclencheur. En effet, le mouvement du miroir peut entraîner des vibrations qui rendront l’image floue en pose longue. Bref, le miroir est verrouillé. Maintenant, je dois penser à la mise au point, à l’exposition et au cadrage. Mais pas dans cet ordre. Je vais commencer avec le cadrage. Le problème, c’est qu’il fait sombre, et j’ai du mal à voir la composition dans le viseur, même avec les lumières du tournage. Je vais faire un essai, histoire de vérifier le cadrage. Mais même à 1600 ISO, le temps de pose risque d’être long, dans les 30s. Je n’ai pas envie d’attendre 30s pour vérifier mon cadrage. Et, donc, je vais régler la sensibilité à une valeur bien plus élevée, au-delà de ce que j’utilise habituellement. L’image obtenue sera très bruitée, mais elle me permettra de vérifier mon cadrage très rapidement. La sensibilité de cet appareil Canon monte à 6400 ISO. Mais il y a un mode spécial, appelé extension ISO, qui permet d’augmenter la sensibilité d’une ou deux valeurs. On trouve la même chose sur les Nikon ou autres marques d’appareils. Je vais donc augmenter la sensibilité d’une valeur de diaphragme, ce qui me fait passer de 6400 à 12800 ISO. Lorsque vous faites ce genre de manipulation, mieux vaut bien connaître l’appareil. Il fait si sombre que vous aurez du mal à trouver les commandes. Voilà donc la sensibilité réglée comme je le souhaite. Je règle l’appareil en mode Programme car, pour l’instant, la profondeur de champ et autres m’importent peu. Je souhaite simplement qu’il calcule le temps de pose, et il m’annonce 1/4s à f/2,8. Parfait. Je vais demander à Greg d’éteindre l’éclairage, et vous allez sûrement me perdre de vue. Mais ces lumières risquent de perturber le cliché que je vais prendre. Je presse le déclencheur à mi-course. La mise au point est en manuel, mais peu importe pour l’instant. Je déclenche. Désolé, c’était 4s, et pas 1/4s. Et là, mon problème – non, non, je n’appuie qu’une seule fois sur le déclencheur. Il ne déclenche pas. Je rappuie. Voilà, la photo est enfin prise, au bout de 1/4s, je vais la vérifier et, d’après ce que je vois, il faut recadrer un peu vers la gauche. Je vais essayer d’apercevoir quelque chose dans le viseur, et, maintenant, je vais prendre une autre photo. Grâce à la sensibilité plus élevée, je peux prendre rapidement une série de clichés et les vérifier, et ça a l’air pas mal. Greg, peux-tu rallumer les lumières ? Prochaine étape, la mise au point. Par contre, la mise au point dans ces conditions va être très difficile, car l’autofocus a besoin de contraste et, là, il fait tout noir. J’ai essayé, mais le rocher n’est pas suffisamment éclairé. Et la brume dégagée par les vagues ne va pas nous aider. Je vais donc essayer jusqu’à ce que j’y arrive, tant pis pour les erreurs. J’ai réglé la bague de mise au point, déclenché puis zoomé, refait le point, cinq ou six fois de suite, jusqu’à ce que l’image soit nette. Il y a un repère de mise au point sur l’objectif. Qui s’arrête à 8 mètres environ, et il n’y a pas beaucoup de différence entre 8 mètres et l’infini. Et, donc, les ajustements de mise au point entre les repères sont très subtils. Je suis un peu au-delà de 8 mètres, je déclenche, j’ajuste le point petit à petit, tant que c’est net, et si ça redevient flou, je reviens en arrière. Et la netteté en sera d’autant meilleure avec une profondeur de champ plus étendue qu’à f/2,8. Bref, la mise au point est bonne. Je reste en manuel, histoire de ne pas modifier accidentellement le point avec l’autofocus. Et maintenant, je vais réduire la sensibilité ISO. Je ne veux pas travailler à 12800 ISO. Je vais redescendre à 800 ISO et voir ce que l’appareil mesure. Je suis en mode Programme et, dans ce cas, c’est l’appareil qui décide de la vitesse et de l’ouverture, ce que je ne souhaite pas. J’aimerais passer en priorité Ouverture, pour régler le diaphragme à une valeur plus petite que f/2,8. Je la règle à f/5,6 et, à 800 ISO, le temps de pose est de 13s. L’appareil permet des temps de pose automatiques jusqu’à 30s. Au-delà, il me faudra une télécommande, ça sera plus compliqué. Bref, j’aimerais rester en-dessous de 30s, car je n’ai pas de télécommande. En réalité j’en ai une, mais faisons comme si je l’avais oubliée. À partir de là, il y a deux possibilités. J’ai le choix entre 13s de pose à 800 ISO, ou allonger le temps de pose à 26s, à 400 ISO. Une différence d’un diaphragme. De cette manière, je pourrai peut-être limiter le bruit, et, avec un temps de pose plus long, l’eau aura un aspect encore plus vaporeux. Je peux aussi étendre la profondeur de champ. Il suffit de passer l’ouverture de f/5,6 à f/8, ce qui présente également une différence d’un diaphragme avec, en contrepartie, un temps de pose de 26s, et plus de profondeur de champ. Je crois que je vais essayer tous ces réglages, vous verrez que c’est souvent le cas en photo en basse lumière. Il faut varier les réglages et voir ce que ça donne. Je vais régler l’ouverture à f/8 et, là, l’appareil m’indique un temps de pose de 20s. C’est parce qu’il y a l’éclairage. Greg, éteins, voyons ce que ça donne. Le temps de pose passe à 30s. Je vais donc ouvrir un peu plus le diaphragme. Très bien ! Me voici à 30s de pose et f/6,3. Ça ira très bien. Je presse le déclencheur pour relever le miroir. Et une deuxième fois pour prendre la photo. Je pense que vous comprenez où je veux en venir. En fait, je procède aux mêmes réglages en basse lumière qu’en plein jour, mais la différence, ici, c’est que je frôle la limite des capacités de l’appareil. Je profite des temps de pose rallongés et de mon accoutumance à l’obscurité pour réfléchir à d’autres sujets. Par contre, si vous vous déplacez autour de l’appareil, attention de ne pas heurter le trépied. Et là, on a un temps de pose de 20s, et c’est pas mal du tout. Je vais afficher et examiner les photos. J’aimerais zoomer pour vérifier la netteté. L’effet vaporeux des flots est réussi. Et la netteté me semble bonne. Aïe, la dernière vague n’est pas passée loin. La mise au point a l’air bonne, mais c’est difficile de juger sur l’écran arrière. Ce n’est pas fait pour ça. Il faut également tenir compte de la brume, qui risque de perturber la mise au point. Mais ça a l’air d’aller. Pour moi c’est bon et je vais prendre une autre photo. Cette fois, je vais réduire la sensibilité, histoire de contenir le bruit mais, à 800 ISO, cet appareil ne pose pas de problème particulier. Si je diminue la sensibilité, il faudra compenser en ouvrant le diaphragme, par exemple à f/4,5. Je m’apprête à prendre la prochaine photo. Lorsqu’il fait sombre, c’est important de savoir manipuler l’appareil sans rien voir. Il faut connaître le nombre exact de crans ou de clics du sélecteur de mode, ce qui permet de passer du mode Programme au mode priorité Diaphragme sans regarder. Il faut connaître l’emplacement du bouton ISO, sans le voir. Il faut savoir où changer l’ouverture et la vitesse, quand on est dans un mode ou en manuel. Sachez également où se trouve le bouton d’éclairage de l’écran LCD situé sur le capot de l’appareil. Vous constatez que là, je ne touche pas l’appareil. Il doit rester bien stable lors des poses longues. Voilà une autre photo, je vérifie, ça a l’air pas mal. Néanmoins, je ne suis sûr de rien tant que je ne suis pas de retour chez moi, avec les images affichées sur un écran. Greg, les lumières, s’il te plaît. J’aimerais tellement avoir quelqu’un à ma disposition en permanence, pour m’éclairer : c’est top ! Voilà donc la méthodologie de base pour la prise de vue dans le noir complet, et encore, cette nuit, on profite de la clarté de la lune. Il y a d’autres techniques de mise au point, que nous verrons plus tard. Il y a également le cas des étoiles. Il y a de la brume, la lune est brillante et, du coup, on ne voit pas d’étoiles dans l’image. On va donc faire des images avec des étoiles, et il faudra en tenir compte dans notre méthodologie.

Les fondements de la photographie : Photo de nuit et en basse lumière

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