La gestion du temps : Série hebdomadaire

Comment gagner en performance en respectant son rythme biologique ?

TESTEZ LINKEDIN LEARNING GRATUITEMENT ET SANS ENGAGEMENT

Tester maintenant Afficher tous les abonnements
Le temps est une notion centrale en management. Dans cette série hebdomadaire, Jean-Marc Pairraud vous donne ses conseils d'expert en matière de gestion du temps, notamment dans le milieu professionnel. Vous aborderez des notions, des préceptes ainsi que des méthodes permettant d'accroître votre performance et votre efficacité à long terme. Chaque semaine, vous découvrirez comment agir sur le temps et transformer cette contrainte temporelle en véritable ressource.
04:33
  Ajouter à vos favoris

Transcription

Bonjour à tous. Le conseil de la semaine en management du temps, c'est ici et maintenant. Combien de personnes connaissez-vous qui vivent au rythme de leur prise de café ou de vitamines quotidiens ? Peut-être en faites-vous partie. Selon une étude de la fondation de Dublin, à peu près 50 % des Français déclarent rentrer du travail dans un état de fatigue qui ne leur permet pas d'assurer toutes leurs tâches domestiques. Les symptômes de la fatigue sont multiples et les risques cognitifs associés, nombreux. Le plus connu est aujourd'hui le burn-out. Le burn-out touche aujourd'hui de plus en plus de salariés dans tous les secteurs. Le Maslach Burn Out Inventory, MBI, définit ce syndrome selon trois critères : l'épuisement émotionnel, la déshumanisation de la relation à l'autre et la perte de sens de l'accomplissement personnel au travail. Selon moi, la fatigue fait partie intégrante du rythme biologique d'un individu. Il est normal d'être fatigué. Il est même humain, je dirais, d'être fatigué. Ce qui est anormal, c'est l'état de fatigue prolongé, durable qui pollue de plus en plus le quotidien des gens. Bien qu'il existe des facteurs exogènes à la fatigue, comme le rythme nycthéméral, il en est un, selon moi, endogène, qui est directement lié à notre volonté et nos choix. Il s'agit de notre rythme biologique personnel. Pourquoi je dis « personnel » ? Parce que nous avons un rythme propre qui diffère de celui des personnes de notre entourage. Certaines personnes sont en pleine forme à huit heures du matin et leur énergie décroit dans la journée. Elles expriment souvent le besoin de faire une micro sieste en début d'après-midi et se couchent relativement tôt. D’autres ont un cycle de démarrage plus long et atteignent leur pic de forme vers 18 heures lorsque tout le monde part du bureau. Quelle est donc la meilleure manière de connaître notre rythme personnel ? En buvant continuellement du café ou en prenant des excitants, nous stimulons à outrance notre système nerveux, très réactif et rapide. Et nous nous déconnectons de notre système hormonal, plus lent. En fait, nous fonctionnons à très court terme, en omettant souvent les signaux d'avertissement de notre corps. C'est comme si nous ignorions le voyant qui s'allume depuis plusieurs jours sur notre tableau de bord, en nous réconfortant car la voiture roule toujours. Au bout d'un certain temps, la voiture tombe en panne. Pour notre corps, c'est pareil. En restant connecté avec notre ressenti, nous seuls savons ce qui nous correspond. Posez-vous la question : qui d'autre que moi peut mieux me connaître ? Aussi, vous seul pouvez savoir le nombre d'heures de sommeil qu'il vous faut. La durée d'une nuit réparatrice est de huit heures en moyenne. Mais peut-être que votre corps nécessite sept heures ou neuf heures. L'environnement de votre lieu de sommeil est tout aussi important. Un vieil australien m'a expliqué un jour qu'en dormant à la belle étoile dans le bush, notre corps nécessitait une à deux heures de sommeil de moins par nuit pour se régénérer. Seul le sommeil profond, atteignable en environnement calme et sombre nous permet de nous régénérer. Je dis sombre car la luminosité revêt un caractère essentiel. La lumière joue sur notre sécrétion de mélatonine, hormone produite par notre glande pinéale dans notre cerveau qui régule notre cycle éveil – sommeil. Ainsi, il est tout à fait normal de se sentir plus fatigué en hiver qu'en été. Si les nuits sont plus longues en hiver, c'est peut-être le signe que nous devons dormir plus, que nous devons préserver notre énergie. En été, il sera temps de la dépenser. Enfin, pour favoriser un sommeil profond, il est bon d'arrêter toute pollution lumineuse ou électromagnétiques au moins deux heures avant d'aller se coucher. Évitez donc de rester sur votre ordinateur tard le soir. En nous reconnectant avec les cycles de la nature, ainsi qu'en restant à l'écoute de notre corps et de nos besoins, nous nous donnons considérablement plus de chance de rester en bonne santé et d'éviter toute forme de fatigue prolongée et durable.