Les fondements de la photographie : Photo de nuit et en basse lumière

Aborder la photo en basse lumière

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Quand il fait sombre, nous ne savons pas toujours comment cela va se passer. Ben Long et Steve Simon, vétéran et photojournaliste expérimenté, vous expliquent comment être agréablement surpris de la qualité des résultats à l'écran.
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13:40

Transcription

Nous voici avec mon ami Steve, vétéran et photojournaliste expérimenté, doublé d’un gars très sympa. Steve, lorsque je parle de vétéran, cela ne signifie pas obligatoirement que tu as été au feu. Steve : Non pas vraiment, mais je fais ça depuis longtemps et j’aime ça. Je ne me vois pas faire autre chose. Ben : Tu fais ça depuis si longtemps, et la photographie en basse lumière a été un tournant de ta carrière. Steve : Exact, et je crois que nous sommes en plein âge d’or de la photo. Ce que je veux dire, c’est que le numérique et les capteurs actuels permettent de photographier et d’enregistrer tout ce qu’on veut. Le gros avantage est de pouvoir travailler en lumière disponible, pour prendre des clichés qui auraient été impossibles à réaliser avant. Ben : Et donc, les progrès des capteurs en termes de maîtrise du bruit et de sensibilité, ainsi que leur capacité à capter plus de détails par faible lumière ont changé ta façon de voir ? Cela a-t-il changé ton regard ? Steve : Tout à fait ! Parfois, quand il fait sombre, je ne sais pas toujours comment ça va se passer. Je commence à en avoir l’habitude, et, lorsque je prends des photos à haute sensibilité, quand il fait très sombre, je suis toujours agréablement surpris de la qualité des résultats à l’écran. À chaque fois, je me rends compte qu’il faut éviter de travailler au flash. Le flash est plus utile en plein jour, pour déboucher les ombres. Alors tâchons d’exploiter la lumière disponible. Ben : C’est un conseil judicieux. Nous allons regarder certaines de tes images. Steve : OK. Ben : D’abord celle-ci. Avant de parler de la technique de prise de vue en basse lumière, j’aimerais comprendre cette image, qui est assez intense. Steve : Oui, j’étais au Lesotho, un petit pays proche de l’Afrique du Sud. C’était dans un bar, je travaillais sur un projet concernant le SIDA et le VIH. Il me fallait un sujet et un contexte social, ce qui m’a amené dans ce bar. En quittant le bar, il y avait cette personne, un peu éméchée, et je ne suis pas sûr que je la mettais à l’aise avec mon appareil. J’ai pris un seul cliché, et je suis parti. Ça s’est bien passé, ce n’est pas toujours facile avec les gens éméchés. On ne sait jamais comment ils vont réagir. Ben : Tu as fait des photos juste avant ? Steve : Oui, dans le bar, et j’étais en train de partir. Tu le sais bien, on pense toujours que la meilleure image viendra de là où on se défonce le plus, comme dans ce bar, mais la photo que j’ai finalement retenue est celle-ci. Un simple instantané dans un endroit sombre. Ben : Il a réagi comment ? Steve : Rien de particulier, il m’a regardé comme ça, sans plus. Je ne sais pas ce qu’il avait en tête. Mais tout s’est bien passé, finalement. Tu peux voir qu’un de ses amis le retient, car il ne savait pas trop comment il allait réagir. Mais il n’y a pas eu de problème. Ben : Et donc, tu as pris des photos dans un bar sombre. Je suppose que tu calculais en termes de basse lumière, et que tu as augmenté la sensibilité ISO. Steve : Oui, c’est cela. Bien sûr, dans ce genre de situation, on essaye de saisir des moments de vie, et le moindre éclairage additionnel, comme le flash, va réduire à néant l’ambiance et l’atmosphère qu’on essaye de capter. Ce n’est pas une question de quantité, mais bien de qualité de la lumière. Même si la lumière manque, mais qu’elle est belle et homogène, les résultats seront extraordinaires. Aujourd’hui, il n’y a plus à craindre les hautes sensibilités, tant la qualité est excellente. Ben : Et on n’est pas dans un cas dans lequel on se dit, oh, il suffit de m’installer dans cet endroit miteux, derrière le bar, pour ramener de bonnes images. Mais cette lumière intense, ici, donne un beau contraste. Comme tu l’as souligné, on se retrouve avec un bel éclairage. Steve : Oui, je crois qu’il faut savoir se tenir prêt, et simplifier les techniques de prise de vue pour réagir sans hésiter lorsqu’il se passe quelque chose d’intéressant et, avec de l’expérience, ça sera en boîte dès le premier essai. Ben : Bien ! Continuons, à l’intérieur cette fois. Steve : Oui, c’est pris à l’intérieur, à 3200 ISO si je me souviens bien. La lumière est faible mais c’est en plein jour. Selon leur nature, les sources de lumière réagissent de manière différente. Par expérience, je pense qu’un éclairage faible de jour est l’idéal, car il n’y a pas trop de bruit, et on ne le remarquera pas dans le document final, notamment sur tirage papier. Bien sûr, on en voit si on agrandit l’image à l’écran, mais il sera très discret, aussi bien en publiant sur le web qu’en imprimant sur grand format. Ce n’est donc pas un problème. Ben : Oui, et là c’est pas mal agrandi, mais, à y regarder de plus près, on ne pourrait pas croire qu’il y a du bruit. Le bruit n’est pas gênant ici. J’ai l’impression que, dans cette scène que tu as identifiée, la lumière sur le mur, au fond, produit un éclairage plutôt diffus. Steve : Oui, c’est le cas. Elle provenait de la porte d’entrée de la maison de cette femme. Et lui, c’est son petit-fils. Nous faisions des portraits. La lumière qui les atteint était plus intense que celle venant du fond, ils sont vraiment bien éclairés et, malgré la peau sombre, les hautes lumières attirent bien le regard, sans parler de cette partie floue, due à la grande ouverture, et qui crée l’ambiance. On perçoit comme un fond rocailleux, mais il est hors du plan de netteté, ce qui fait que, en tant que photographe, tu arrives à diriger le regard où tu veux, c’est-à-dire sur ces belles personnes. Ben : C’est toi qui les a placés ici, de cette manière ? Steve : Oui. Tu sais, je suis essentiellement un documentaliste. Je saisis la vie telle qu’elle s’offre à mon regard. Mais, évidemment, dès que quelqu’un regarde l’appareil, ce n’est plus vraiment un instantané. Ils ont accepté de prendre part à cette séance et d’être pris en photo. Et, dans un cas comme celui-ci, tu te mets à chercher de la lumière, la plus homogène possible. Pas besoin d’une forte luminosité, mais de la lumière douce et homogène. Ensuite, il faut augmenter la sensibilité ISO le plus possible, pour éviter le flou de mouvement et, à partir de là, tu travailles un peu la mise en scène, tu changes de cadrage, tu discutes avec eux et tu en profites pour essayer différentes choses. Ben : Je crois qu’un bon exercice de prise de vue en basse lumière consiste à trouver, dans un environnement sombre, des endroits mieux éclairés que d’autres qui te permettent de travailler et d’obtenir un résultat. Steven : Oui, c’est juste. Ben : Cette scène a une dynamique plus étendue que la précédente, grâce à ces points lumineux. Quel bel éclairage ! Steve : Oui, c’est vrai. La lumière qui tombe sur cette femme et son petit-fils est plutôt agréable. Et dans un cas comme celui-ci, en lumière disponible, la perte de détails dans les ombres ne me pose aucun problème. En fait, le contraste et la présence de zones très denses apportent toujours quelque chose à l’image, et renforce son impact visuel. Le regard est naturellement attiré par les éléments les plus clairs et, donc, il faut s’arranger pour qu’il y ait suffisamment de lumière ou de reflets pour éclairer et mettre en valeur les sujets les plus importants d’une scène. Ben : C’est très bien d’avoir évoqué ça. En effet, je crois que l’une des choses les plus intéressantes dans ces images que nous passons en revue est l’importance que tu accordes au noir. Là encore, ici, tu exploites la lumière comme tu nous l’a expliqué. Dans cette photo, la profondeur de champ est faible, ce qui est souvent le cas puisque, en basse lumière, il faut ouvrir le diaphragme le plus possible. Et là, tu as su en tirer parti. Steve : Oui, c’est exact. Parfois, j’aime bien avoir une faible profondeur de champ, comme cet enfant flou, au premier plan. En tant que photographe, ce qui me plaît, et je suis sûr que tu es d’accord, c’est qu’un élément flou ne nuit pas forcément à l’image. On le voit, et on compose avec. Tout n’a pas besoin d’être parfaitement net. Et, souvent, un seul élément bien net donne plus d’impact à l’image, et c’est bien pour ça qu’on dépense tant dans ces objectifs lumineux, qu’on utilisera à grande ouverture. Quelque chose ou quelqu’un de net dans le cadre focalise l’attention et, dans une image, on est toujours attiré par ce qui est lumineux et net. Rappelle-toi, tu m’as demandé s’il m’arrivait de déplacer les gens. Je me souviens avoir débarqué là, ils y étaient tous, et c’est l’une des rares fois où je n’ai pas eu besoin d’intervenir. J’ai commencé à prendre les photos, et c’est tout. Ce n’est pas parfait, notamment si on tient compte de la perte de détails, à cause du fort contraste. Mais là encore, en prise de vue en lumière disponible, on ne cherche pas la perfection. D’une certaine manière, c’est l’imperfection qui rend l’image attirante. Et il n’y a rien qui nous distrait ou qui nous en détourne. Ben : Non, et c’est étonnant parce qu’en principe, un premier plan flou nuit à l’image. On pourrait croire qu’il s’agit du sujet principal, mais tout est cohérent, notamment grâce à la lumière. Le regard s’y plonge directement. Tu as également couvert la Convention Nationale Républicaine en 2004. Steve : Oui, et ces photos viennent de là. Ben : C’est un gigantesque centre de conférences et nous retrouvons, dans ces images, ce que tu disais il y a une minute : tu laisses de nombreux détails dans le noir volontairement. Et je crois sincèrement que ça contribue à l’efficacité de tes images. C’est cette façon de gérer la lumière qui te permet de guider le regard de l’observateur. Cet endroit était-il très sombre ? Steve : En fait, ce genre d’évènement est éclairé pour la télévision. Pour un photographe, c’est l’idéal, car si la lumière n’est pas très intense, elle a l’avantage d’être homogène. Et les réglages étant faits, on peut photographier en lumière ambiante, avec d’excellents résultats. Bien entendu, tout dépend de la manière dont la lumière éclaire le sujet principal. Par exemple, la lumière tombait très bien sur le visage de cette femme. Comme l’éclairage est destiné à la télévision, on profite d’une belle lumière, mais il y aussi des poches très sombres, que la lumière n’atteint pas, ce qui contribue à l’atmosphère des images prises en lumière ambiante. Ben : Oui, le contraste dans ces images est saisissant. Et là, tu es dehors. Elle est complètement... Steve : C’est une journaliste TV, prise dehors, à Time Square. Tu le sais bien, avec les appareils actuels, en lumière ambiante, la plage tonale est si étendue qu’il faut faire des choix. Par exemple, ici, à Time Square, il y avait ces panneaux publicitaires illuminés, plus cette belle lumière qui tombe sur elle, et, en réglant l’exposition sur elle, le sujet principal, ça surexpose les illuminations. Voilà le genre de décision à prendre. La photographie HDR est une autre solution, mais pas forcément la meilleure. Ben : Non, et je crois qu’il n’est pas toujours utile ou nécessaire de montrer les détails dans les zones plus sombres. Parce que ça peut détourner l’attention de l’observateur, et il ne faut pas oublier que l’ombre est indissociable de la lumière. Steve : Oui, absolument. Merci en tout cas. Ben : Tu maîtrises particulièrement bien les ombres. Et c’est d’autant plus facile aujourd’hui qu’il n’y a plus à se préoccuper du bruit ; tu peux utiliser une vitesse élevée, déclencher quand l’occasion se présente et travailler vite, ce qui semble être le cas ici, avec tous ces instants que tu remarques et que tu arrives à saisir. Steve : Oui, et dans ce cas, j’utilise assez souvent le réglage automatique de sensibilité ISO, et je règle également la sensibilité maximale à 3200, voire 6400 ISO, selon l’appareil. Cela permet à l’appareil d’être plus sensible, et garantit une vitesse d’obturation élevée. Et, dans mon cas, 1/250s va figer le mouvement des sujets. Ainsi, je suis sûr de toujours profiter d’une vitesse suffisante, qui évite tout risque de flou. Et si le flou sert parfois l’image en valeur, il peut également lui nuire. Cette méthode me permet d’oublier un peu la technique, de me concentrer sur le sujet et de travailler rapidement. Ben : C’est chouette de savoir que tu utilises un mode automatique. Je crois que beaucoup se persuadent de passer en mode manuel, pour réfléchir et se compliquer la vie, au risque de louper des photos. Steve : je t’ai souvent entendu dire qu’il n’y avait jamais de miracle. Il n’y a qu’une exposition possible, mais plusieurs façons d’y parvenir. Et photographier en mode manuel ne donne pas toujours de résultat très différent du mode Programme. Dès lors que vous savez vous servir de l’histogramme, vous obtiendrez, dans tous les cas, le même résultat. Ce qui compte, c’est la rapidité. La technologie permet d’obtenir un résultat à coup sûr, tout en permettant de travailler vite. Ben : C’est un excellent conseil. Je crois que le dîner est prêt, on va récupérer nos appareils. Steve : J’ai faim. Ben : Parfait ! On va sortir nos appareils, baisser la lumière, et photographier un dîner, pour vous parler des problèmes auxquels vous serez confrontés et de la manière de les résoudre, au cours d’une séance de prise de vue dans la pénombre.

Les fondements de la photographie : Photo de nuit et en basse lumière

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